La moto de la semaine : Yamaha FZR 250

Actualité du 25/12/2019 par Philippe GUILLAUME
 

Cette semaine, j'ai essayé une Yamaha FZR 250 de 1987. Je vous explique pourquoi cette moto est importante...

Aujourd'hui, une 250, c'est souvent un truc anémique qui, en plus, a parfois l'outrecuidance de peser 180 kilos. On ne citera pas de noms (sous son apparence cool, le monde de la moto est en réalité assez susceptible), mais vous voyez où je veux en venir. A une époque, les motards japonais étaient nettement plus heureux : bien que devant s'incliner devant une législation castratrice, ils avaient quand même le choix entre des petites sportives 2-temps ou 4-temps et  ils bénéficiaient de petites cylindrées qui, non seulement, n'avaient rien à envier aux grandes, mais constituaient de véritables prouesses mécaniques. Des pièces d'orfévrerie, hurlant leur rage à 18 000 tr/mn. Oui, il y a de quoi être nostalgique, même si cette époque heureuse et performante pourrait revivre grâce à Kawasaki et sa ZX-25R

Yamaha FZR 250 : sa vie, son oeuvre

La FZR 250 quatre cylindres a été produite de 1987 à 1994 et peut être considérée, sans complexes, comme une reproduction de tout le savoir faire de sa grande soeur, la FZR 1000, bien qu'elle n'ait jamais eu droit à la culasse à 20 soupapes. Ainsi, le premier modèle (notre moto d'essai, type 2KR) est vendue en 1987 et 1988. Elle évolue doucement début 1989 (type 3HX) en se dotant d'une valve EXUP à l'échappement. Fin 1989, elle suit la lignée : le type 3LN1 se dote d’un double disque à l’avant, d’une fourche réglable, du cadre Deltabox en lieu et place du Genesis, conserve la valve EXUP à l’échappement, et on la reconnaît à son double optique de phares plus creusé. En 1990, la 3LN2 passe aux optiques “en amande”. En 1991, la 3LN3 intègre les deux phares sous une vitre trapézoïdale. À partir de 1994, le type 3LN6 passe au simple optique de phare (comme les grosses FZR), et sa puissance est réduite à 40 chevaux, et le modèle s’arrête cette année-là. 

Contre toute attente, elle a connu un vrai succès commercial, qui s'est cependant rapidement émoussé : 28000 unités la première année, 20000 en 1988, 11000 en 1989, 8700 en 1990, 1000 en 1992, et ça finit avec 500 exemplaires en 1994, le motard japonais préférant aller nourrir son Tamaguchi plus que de faire de la moto. Tristesse. 

Yamaha FZR 250 : trois choses qui m'ont fait kiffer

Quelques temps seulement après avoir essayé une flamboyante Suzuki RGV 250, il est intéressant de pouvoir faire un tour au guidon de son équivalent en quatre-temps. Voici trois choses qui m'ont fait kiffer au guidon de cette FZR 250 ! 

  • Déjà, le feeling global : entre l'allure rablée, les proportions réduites mais fidèles, les détails "comme la grande" (l'inscription "pure sports" sur le carénage, les étriers de frein or...), on s'y croit. Le tableau de bord donne la couleur : zone rouge à 17000 tr/mn, rupteur à 18000 tr/mn, graduation suggérée jusque 19000 ! 
  • Côté moteur, évidemment, avec 25 Nm (sic) à 11500 tr/mn (re-sic), si on ne s'applique pas au démarrage, le premier scoot du livreur Uber Eats de votre quartier va vous mettre dans le vent au feu vert. Pourtant, en attaquant comme un damné et en oubliant tout respect à la vieille mécanique, la FZR marche : 0 à 100 en 7,3 secondes, 400 DA en 14,9 secondes, le 0 à 100 en 5 secondes (avec la première qui prend 75 km/h à 17000 tr/mn !). Pas mal ! En mode cruising, à 100 km/h, on est déjà à 9000 tr/mn en sixième, donc forcément, le plaisir mécanique est aussi un peu cérébral !
  • Quand on voit les trucs en plomb que certains constructeurs osent encore nous sortir aujourd'hui, on n'a pas de mal à se convaincre que la moto, parfois, c'était mieux avant ! Avec 141 kilos sur la balance et des petits pneus (120/80 x 17 derrière), la FZR est une ballerine qui implique de tirer les trajectoires les plus pures en soignant sa respiration entre le pif et la paf, pour ne pas destabiliser l'engin. Rigidité, freins et garde au sol sont largement surdimensionnés : quel pied, car elle a le pouvoir magique de vous faire revivre de grands moments de pilotage à des vitesses qui restent, somme toute, modestes ! 

Une Yamaha FZR 250 aujourd'hui : combien, comment ?

Déjà, bon courage car la moto n'a globalement été commercialisée qu'au Japon, en Australie et en Nouvelle-Zélande. Par le biais des "grey imports", quelques-unes ont pu ensuite se retrouver en Grande-Bretagne, puis, de là, passer sur des pays assez conciliants avec les raretés que sont les Pays-Bas ou l'Allemagne. Depuis qu'elle a plus de 30 ans, la FZR 250 est en théorie immatriculable en France. Emettre une cote est difficile, au vu de la rareté des transactions. Toutefois, espérez devoir lâcher entre 2000 et 4000 € selon l'état du modèle, bien que l'on vous conseille d'opter pour la plus belle machine possible, car côté pièces, il n'y a plus grand chose de disponible et ce qui reste sera à aller traquer sur yahoo au bout du monde plutôt que chez votre concess' de quartier. Si la FZR 250 est réputée plutôt fiable (on en voit avec 80 000 km au compteur sur des forums étrangers), elle a quand même plus de trente ans et a pu avoir une première vie agitée. Pour rouler, des joints-spi de fourche frais et une carburation réglée au poil sont un minimum. Côté fragilités connues : l'embrayage n'est pas réputé très solide et les soupapes peuvent finir par avoir un problème d'étanchéité. 

Quelques chiffres clé : 

  • 4 cylindres en ligne,  4-temps, 249 cm3, 48 x 34,5 mm
  • 4 carburateurs Mikuni, 26 mm
  • 45 ch à 14500 tr/mn 
  • 25 Nm à 11500 tr/mn 
  • 141 kilos à sec
  • 180 km/h chrono 

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