La moto de la semaine : Suzuki RGV 250

Actualité du 27/11/2019 par Philippe GUILLAUME
 

Cette semaine, j'ai essayé une Suzuki 250 RGV de 1991. Je vous explique pourquoi cette moto est importante.

Une 250 de série à 200 km/h ? Et qui abat le 400 mètres départ arrêté en moins de 13 secondes, dans l'aspiration de la Supercar de l'époque, la Ferrari F40 ? C'est ce que propose, au tout début des années 1990, Suzuki avec la RGV 250, une machine qui, et ce n'est pas une simple formule marketing vide de sens, approchait le motard lambda mais néanmoins passionné au plus près de ce que pouvait offrir une machine de Grand-Prix ! Entres les 62 chevaux du moteur (près de 250 ch au litre !) et le châssis offrant ce qui se faisait de mieux à l'époque (larges jantes de 17 pouces, fourche inversée, cadre aluminium, bras oscillant "banane", amortisseur arrière à bonbonne séparée), la RGV 250 respire la performance. Et que dire de son look tranché, de ses deux petits feux carrées, des ouies dans le dosseret de selle ? Elle a dû en faire fantasmer, cette moto, des ados boutonneux comme des motards aguerris ! 

En face, une Kawasaki KR1-S ou une Yamaha 250 TZR étaient nettement moins abouties, côté châssis, et une Yam 350 RDLC, sympathique au demeurrant, était un dinosaure docile et placide... 

Suzuki 250 RGV, sa vie, son œuvre

Attention, voici un petit cours d'histoire : après la 250 RG et son vertical twin produite de 1983 à 1987, Suzuki passe au V2 en 1988 avec la RGV type VJ21, reconnaissable à ses échappements de chaque côté. Notre moto d'essai est la seconde génération de RGV 250, le type VJ22, et elle sera produite de 1991 à fin 1995. Si d'autres marchés ont pu en profiter avec des décos noir uni, noir/rouge, un très curieux noir/vert ou encore avec les décos du sponsor de GP de l'époque, que ce soit Lucky Strike ou Pepsi, les 250 RGV françaises n’ont été vendues qu’en bleu et blanc, avec des nuances de teintes selon les millésimes. En effet, des parements roses apparaissent sur le dosseret de selle et au-dessus du phare en 1992. En 1993, les rapports de boîte (2de et 5e) sont modifiés, tout comme le bras oscillant. Le rose disparaît des livrées 1995. Ouf ! Outre des versions SP (reconnaissables à leur fourche dorée), réservées au Japon, le marché domestique a aussi eu droit à une dernière évolution : le type VJ 23 a été vendu là-bas de 1996 à 1998, avec un embrayage à sec, un moteur poussé à 70 ch (ce même bloc que l’on trouvera sur les dernières versions des Aprilia RS 250) et une boîte de vitesses racing... Les deux échappements repassent de chaque côté et l’habillage est plus effilé.

Suzuki 250 RGV : trois choses qui m'ont fait kiffer

Ce n'est pas tous les jours que l'on pose son modeste fessier sur une machine ayant des liens de filiation assez forts avec une moto de Grand-Prix. Voici donc trois choses qui m'ont fait kiffer au guidon de cette RGV 250. 

  • La compacité : on sent que tout sur cette moto a été fait pour gagner du poids. Ce n'est pas qu'elle paraisse fragile, mais tout est fin, dimensionné au minimum, et on s'intègre au chausse-pied dedans. Ambiance course assurée...
  • Le moteur demande une petite habitude au démarrage : il n'y a pas beaucoup de compression mais le mécanisme est doublement articulé et le repose-pied gêne. Une fois en marche, le petit V2 crépite doucement. Capable d'enrouler sans broncher entre 5500 et 8000 tr/mn, c'est entre 9000 et 11000 tr/mn qu'il donne le meilleur de lui-même. Le plaisir est bref, mais il est intense ! Dommage que le mécanisme de boîte de vitesses génère un feeling perfectible. 
  • Côté châssis, on confine au génie (du moins sur bon revêtement, sur les bosses, des guidonnages sont possibles). Aucune inertie, des entrées en courbe stratosphériques, un freinage toujours très correct malgré le poids, voici une machine jubilatoire pour qui sait apprécier les virages à leur juste valeur !

Une Suzuki 250 RGV aujourd'hui : combien, comment ?

Attention, ça grimpe : alors que les 500 2-temps sont devenues inaccessibles, les belles 250 se font de plus en plus rares et leur cote monte. On pourra trouver une belle RGV à vendre entre 9 et 10 000 € ! On vérifiera aussi son état (les habillages sont difficiles à retrouver). Il est probable que la mécanique ait été refaite. On vérifiera que c'est par un connaisseur du modèle : souvent, les pistons adaptables sont montés sans les cales de guidage ni les cages, or il y a parfois du jeu et dans ce cas ça ne tiendra pas longtemps. Idem pour l'équilibrage du vilebrequin, essentiel, tout comme le réglage des valves à l'échappement. Bref, c'est une mécanique pointue qui demande une main d'œuvre de qualité.. 

Quelques chiffres clé : 

  • bicylindre en V,  2-temps, 249 cm3, 56 x 50,6 mm
  • 2 carburateurs Mikuni, 34 mm
  • 62 ch à 11000 tr/mn 
  • 40,7 Nm à 11000 tr/mn
  • 139 kilos à sec
  • 200 km/h chrono 

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