La moto de la semaine : Triumph Speed Triple

Actualité du 01/04/2020 par Philippe GUILLAUME
 

Cette semaine, j'ai essayé une Triumph Speed Triple de 1996. Je vous explique pourquoi cette moto est importante

La Speed, comme on dit, fait partie de la légende Triumph : pilier de la gamme, elle représente encore des scores de vente très corrects, et son côté "gros roadster crapuleux" a fait rêver des générations de motards... depuis 26 ans ! Car la Speed remonte à 1994, soit quelques années après la renaissance de Triumph. Elle avait une mission : apporter un peu de glamour, de sex appeal et un petit côté bad boy à une gamme qui était alors jugée comme un peu trop sérieuse. La pub de l'époque surjoue le phénomène, avec une Speed noire, garée dans la rue, gardée par un gros chien super méchant. Joli coup marketing de la part de Triumph, car en réalité, il ne s'agit que d'une sportive 900 Daytona a laquelle on a retiré son carénage... et le sixième rapport de boîte, sans que les cinq autres ne soient réétagés pour autant. Peu importe : la Speed fait revivre le "so british" concept de café racer ! 

Avec la Ducati 900 Mostro, sortie quasiment en même temps, la Triumph inaugure alors un nouveau genre : celui du roadster sportif. Elle était vendue 64900 F en 1994, soit le prix d'une 1000 sportive japonaise, autrement plus performante. 

En Grande-Bretagne, elle fait l'objet d'un culte dès son lancement : Triumph lance une coupe de marque et quelques vedettes de la vitesse (Brian Morrison, John Reynolds, David Jefferies...) viennent en découdre. Un résumé de l'épreuve de Donington Park circule sur des plateformes de partage de vidéo, ça vaut le coup d'oeil... 

Enfin, elle fait partie de la génération des "T3", celle des premières Triumph de l'ère moderne, et bénéficie d'une cote d'amour particulière auprès des fans. 

Triumph Speed Triple, sa vie, son oeuvre

La Speed Triple (type T301) est la première du genre : elle a été produite de 1994 à 1996 et n'est, en réalité, qu'une sportive Daytona un rien dénudée. Le modèle 1994 est noir ou jaune, c'est le premier. En 1995, le jaune disparait et laisse sa place à un orange assez pétant. Les étriers de frein deviennent estampillés Triumph. D'un point de vue technique, les 96 sont plus abouties : elles récupèrent la boîte 6, les tubes de fourche sont plus courts et ne dépassent plus du haut des tés, les étriers de freins sont dorés, tout comme la partie centrale des disques avant. 

En 1997, c'est la Speed type T509 qui lui succède et qui introduit le double optique de phare ; elle a encore le moteur 885, qui passera au 955 en 1999. 

Si vous voulez une vraie rareté, cherchez (sur le marché anglais, où elle fut distribuée), une Speed de 1997, mais avec le moteur 750 (89 ch), une série particulière qui avait probablement pour objectif d'écouler des stocks de Daytona invendues... 

Triumph Speed Triple : trois choses qui m'ont fait kiffer

Véritable succès commercial à son époque (un de mes potes d'enfance en avait acheté une noire), la Speed Triple impressionne toujours. Voici trois choses qui m'ont fait kiffer lors de l'essai : 

  1. La posture : longue, large, lourde, la Speed en impose. Le temps n'a pas d'effet sur elle (encore plus avec ce rare coloris orange - les noires ont représenté plus de 80 % des ventes), avec ses gros freins et ses pneus costauds (du 180 à l'arrière), la Speed Triple fait toujours fort impression.
  2. Une fois à bord, la position est réellement sportive, avec des guidons loin devant. 209 kilos à sec, 1490 mm d'empattement, un réservoir (25 litres) large, cette moto n'est pas destinée aux porteurs de talonnettes ni aux chétifs. Elle se mérite, il faut faire corps avec elle. En d'autres termes : c'est une belle enclume.
  3. Le trois cylindres a du caractère : nettement plus râpeux et inerte que les déclinaisons actuelles, il ne prend pas tellement de tours et en réalité, son niveau de performances parait un peu daté aujourd'hui. On l'apprécie alors pour son couple, pour son onctuosité, pour sa musique... 

Une Triumph Speed Triple aujourd'hui : combien, comment ?

La cote de la Speed Triple ne s'envole pas réellement : un bel exemplaire pourra prétendre à un peu plus de 5000 €, une moto ayant vécu se négocie entre 3 et 4000 €. Sinon, le bloc T3 est solide, à condition d'avoit été entretenu. Si certains ont dépassé les 300 000 km, disons que 100 000 km, ça se tente sans crainte particulière. Par contre, il y a une recette : temps de chauffe respectés, vidange tous les 6000 km (en prenant bien soin de vidanger la crépine, sinon le cylindre du milieu est mal lubrifié). Avec les gros kilométrages, la conso d'huile peut s'envoler et les soupapes d'admission peuvent faiblir. Les autres tares sont connues : aiguille et câble de compteur qui cassent, roue libre de démarreur qui flanche, étriers de frein qui se grippent, disques voilés, membrane du robinet d'essence à dépression qui lâche, bobines d'allumage qui peuvent griller. Une batterie bien chargée en permanence est indispendable... 

Quelques chiffres clé : 

  • 3 cylindres en ligne,  4-temps, 885 cm3, 76 x 65 mm
  • 3 carburateurs Mikuni, 36 mm
  • 98 ch à 9000 tr/mn 
  • 84 Nm à 6500 tr/mn 
  • 209 kilos à sec
  • 210 km/h chrono 

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