La moto de la semaine : Moto Guzzi V7 Special

Actualité du 04/09/2019 par Philippe GUILLAUME
 

Cette semaine, j'ai essayé une Moto Guzzi V7 Special de 1971. Je vous explique pourquoi cette moto est importante.

On associe aujourd'hui Moto Guzzi au bicylindre en V face à la route, mais pourtant la marque de Mandello del Lario a produit quasiment toutes les configurations mécaniques (2-temps, 4-temps, monocylindre, trois cylindre, V8... et bien d'autres). Si l'image  autour de ce V2 est si forte aujourd'hui, c'est qu'une machine a contribuer à la créer : cette machine, c'est la V7, première du nom, dont nous vous avons déjà conté l'histoire de toute la lignée et que nous présentons ici plus en détail dans cette version V7 Special. 

Moto Guzzi V7 Special : sa vie, son œuvre

La V7 Special n'a pas été produite pendant longtemps : en gros, de 1969 à 1971. Elle succède à la V700 (1967-1969), produite à peu d'unités. Courant 1971, elle a été remplacée par la 850 GT. Durant ces trois années de production, la V7 Special n'a pas connu de modifications techniques à l'exception de quelques évolutions internes (fonderie des carters, circuit de lubrification et reniflard de la boîte de vitesses). A noter que les exemplaires destinés à l'Europe avaient encore le sélecteur (double branche) à droite, les modèles exportés aux US le montaient à gauche. On rappellera pour l'anecdote que ce V2 avait d'abord été conçu pour un véhicule à trois roues motrices destiné à l'armée italienne, et que c'est ensuite un appel d'offre de la police italienne qui a permis à Moto Guzzi de lui offrir un débouché dans une moto ! 

Moto Guzzi V7 Special : trois choses qui m'ont fait kiffer

Une V7 Special, c'est un peu l'archétype de la grande routière italienne qui peuple notre subconscient. Elle a cette posture, auguste, cette allure intemporelle, et c'est encore plus le cas avec le pare-brise et les valises rigides, accessoires d'époque magnifiquement conservés. Rien qu'en la regardant, on sait qu'elle excelle sur la route. Et voici pourquoi :

  1. Déjà, la qualité de construction est bluffante. C'est du solide, tout est surdimensionné et bien en place, on sent qu'à la base ça avait été conçu pour durer (l'appel d'offre de la police italienne mentionnait un véhicule capable de couvrir 100 000 km avec des coûts d'entretien réduits). Du coup, on s'installe sur cette machine qui a près de 50 ans, et à part le sélecteur à droite, on trouve vite ses marques. Position de conduite naturelle, selle épaisse, y'a plus qu'à ! 
  2. Souple, rond et coupleux, le gros (pour l'époque) bicylindre va vite montrer qu'il est un très bon compagnon de route. On sent bien le gras du couple dès 2500 - 3000 tr/mn et la machine se montre très stable.
  3. Le confort est excellent. Certes, les suspensions sont dépassées (aucune moto n'était bien suspendue à l'époque), mais à condition d'enrouler un peu et d'anticiper, on se voit bien passer la journée à son guidon. Sur le réseau secondaire, tranquille, le nez au vent. En un mot : heureux ! 

Une Moto Guzzi V7 Special aujourd'hui : combien, comment ?

C'était vraiment costaud, une V7 Special, et nombre d'entre elles ont couvert plusieurs centaines de milliers de kilomètres, quand elles n'ont pas été attelées. Du coup, en trouver une propre va être compliqué. Ou alors, elle a été restaurée. Comptez ainsi 6000 € pour une machine dans son jus, de 10 à 12 000 € pour un bel exemplaire. Côté fiabilité, le cardan peut poser des problèmes à partir de 150 000 km. Pour une restauration, on peut encore trouver des éléments mécaniques, mais c'est quasiment impossible concernant l'habillage. 

Quelques chiffres clé : 

  • 2 cylindres, en V,  757 cm3, 83 x 70 mm
  • 2 carburateurs Dell'Orto, 29 mm
  • 45 ch à 6500 tr/mn
  • couple NC
  • 228 kilos à sec
  • 180 km/h chrono

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