La moto de la semaine : Buell X1 Millenium

Actualité du 23/10/2019 par Philippe GUILLAUME
 

Cette semaine, j'ai essayé une Buell X1 Millenium de 2000. Je vous explique pourquoi cette moto est importante.

Dans la famille des "roadsters de caractère", les Buell ont tenu une place à part. Erik Buell, ingénieur et enfant terrible de la DRH de chez Harley, a longtemps lutté pour imposer sa propre vision du V-twin à l'américaine, un mix entre la culture du muscle car et l'expérience du bonhomme, qui a été pilote sur des Yamaha TZ 750, et qui n'est pas un grand fan de motos façon saucisses manquant de garde au sol. Ayant réussi à faire valoir des solutions techniques pour le moins originales, en partant de bases mécaniques pas forcément simples à optimiser, Erik Buell n'a jamais vraiment réussi à transformer sa division en quelque chose de rentable. Le verdict n'était donc pas si inattendu : peu de temps après la crise de 2008, Harley-Davidson a sifflé la fin de la récréation. Il nous reste 136923 machines produites sur une quinzaine d'années. Parmi elles, la X1 n'est pas la moins avare en caractère. 

La Buell X1, sa vie, son oeuvre

Bien avant la génération des XB9 / XB12 (2002-2009) avec leur cadre périmétrique, c'est certainement les modèles précédents qui sont le plus fort en gueule, avec leur cadre treillis laissant apparaître (et respirer) la mécanique. La X1 a été produite de 1999 à fin 2001, et elle succède à la S1 Lightning (produite de 1996 à 1998), en conserve l'essentiel (moteur et châssis treillis), mais troque les carburateurs contre un injection électronique (la M2 plus basique et la S3 plus routières, contemporaines de la X1, restent, elles, aux carbus). La tenue de route progresse par rapport à la S1, avec un bras oscillant en aluminium plus rigide, un cadre un peu rigidifié lui aussi, de nouvelles suspensions Showa qui remplacent les WP du précédent modèle. 

La X1 existera sous différentes séries limitées : viper, Race Stripe, White Lightning et notre millennium, produite à 800 exemplaires pour le monde dont 400 pour les états-Unis. Le millésime 2001 comporte quelques améliorations : nouvelle patte de fixation de l’échappement, nouvelle tringlerie pour le sélecteur, chaîne primaire moins bruyante, revêtement des cylindres et pompe à huile optimisés, nouveau capteur de température du cylindre arrière (qui peut décaler l’allumage en cas de surchauffe), nouveaux rétroviseurs et finition améliorée (moins de câbles qui passent).

Buell X1 Millenium : trois choses qui m'ont fait kiffer

Question moto et hamburgers (dans d'autres domaines, aussi, peut-être-), les américains sont conservateurs. Aussi, quand le magazine Cycle World, une institution aussi émintente là-bas que Motorlive en francophonie, consacre la Buell comme "Hooligan bike of the year", on se dit que ça doit être quelque chose. Et ça l'est. Voici pourquoi j'ai adoré cette moto ! 

  • Déjà, le look. Certes, la Millenium n'apporte que des modifs cosmétiques par rapport à une X1 standard. N'empêche : les lettrages en orange contrastent bien avec le gris de la carrosserie et du cadre. Bel engin, valorisant : on sent là la machine brute de fonderie.
  • Et cette impression ne se dément pas au démarrage. Comme souvent, les Buell ont un échappement adaptable (celui d'origine se fendait facilement). Ici, avec un Vance & Hines, le V2 est délivré, libéré. Il gronde, tonne, et peu de machines illustrent à ce point la combinaison entre allonge et gros couple. Sans violence, mais avec une vraie force, la X1 vous propulse en avant avec l'aiguille du compteur qui grimpe bien plus vite que celle du compte-tours. Par rapport au V2 1200 Harley qui sort péniblement 60 ch, Buell en tire plus de 90, et ça change tout !
  • Au guidon, faut être fluide. Les cotes du châssis sont vraiment extrêmes (99 mm de chasse) et la moto demande une conduite un peu particulière, plutôt en douceur, mais avec poigne. On ne brusque pas le châssis, mais on accepte les ruades du gros V2 quand on remet les gaz. Boîte lente et frein (simple disque à 6 pistons à l'avant) au feeling particulier. Mais au final, on kiffe, car on fait corps avec l'engin, et il n'est pas avare en sensations. 

Une Buell X1 aujourd'hui : combien, comment ?

Les beaux modèles, propres, deviennent rares sur le marché de l'occasion. Côté fiabilité, c'est un peu la loterie. Certains ont eu toutes les misères avec (pièces qui se cassent, injection capricieuse, moteur cassé), d'autres, ça va. En fait, faut être à l'écoute, savoir les conduire, ne pas faire en permanence le kéké comme sur un roadster japonais, ne pas rester à fond ou au rupteur en permanence, laisser chauffer ; même optimisé, cela reste un vieux bloc moteur après tout. Dans tous les cas, les vibrations et leurs conséquences destructrices sont à prendre en compte : échappement et système électrique le vivent mal. Une belle machine vaudra environ 6000 €. 

Quelques chiffres clé : 

  • bicylindre en V,  4-temps, 1203 cm3, 88,9 x 96,5 mm
  • injection électronique
  • 95 ch à 6200 tr/mn 
  • 108 Nm à 5600 tr/mn
  • 200 kilos à sec
  • 220 km/h chrono

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