La moto de la semaine : Gilera MX-1

Actualité du 25/09/2019 par Philippe GUILLAUME
 

Cette semaine, j'ai essayé une Gilera MX-1. Je vous explique pourquoi cette moto est importante.

Il fut une époque (bénie !) où les 125 n'étaient pas d'asthmatiques traine-savate bridées à 15 chevaux et parvenant à accrocher un petit 115 km/h en descente à l'aspi d'une Citroën Mehari ! Non, il fut une époque (bénie !), à la fin des années 80, où les 125 réprésentaient si ce n'est le meilleur des constructeurs, disons alors à minima une prouesse technologique, évoluant sans cesse pour coller au plus près des performances des plus grosses cylindrées. A l'époque, les 125 étaient de "vraies motos" que l'on prenait au sérieux : la preuve, rendez-vous compte qu'en 1988, Moto Journal, alors hebdomadaire (n° 855 du 21 juillet) avait consacré pas moins de 16 pages et la couverture lors d'un comparatif de sept 125 sportives réalisé sur le circuit du Mans. Impensable aujourd'hui, n'est-ce pas ? A ce petit jeu, c'est l'Italie qui a été sans conteste la nation la plus prolifique, avec des marques comme Benelli, Cagiva (ah, la Freccia, sorte de Ducati Paso en réduction avec sa boîte de vitesse à 7 rapports !), Aprilia (ah, la 125 AF Sintesi, avec son look de petite RC30, son monobras, sa fourche inversée et son tableau de bord façon Suzuki RG 500 Gamma !!), mais aussi Gilera. Voici donc l'histoire de la MX-1. 

Gilera MX-1 : sa vie, son oeuvre

Attention, pour bien comprendre la généalogie de cette époque, il ne faut pas se laisser distraire car les choses évoluent tellement vite ! La Gilera MX-1 a été présentée au Salon de Milan 1987 et a été commercialisée en 1988 et une partie de 1989. Elle succède à la 125 RV de 1984, première 125 sportive de Gilera au moteur refroidi par eau (18,7 ch), et au look vaguement inspiré des Honda MBX 125 ou VF 400 F (jusqu'aux roues "Comstar"). Courant 1986, c'est la KZ : nouveau look (double optique carré et aussi un original faux réservoir qui permet en théorie de loger un casque, et de curieuses jantes alvéolées) ; elle se distingue aussi par son demi-carénage tandis que le moteur, qui adopte une valve à l'échappement APTS (proche du système ATAC de chez Honda) développe 24,7 ch. Un an plus tard, en 1987, c'est la KK : la même, avec un carénage intégral et un moteur un peu plus puissant (25,7 ch) et un démarreur électrique. Ce sera la meilleure vente de la catégorie en Italie. La MX-1 arrive ensuite, et se distingue par son nouveau cadre périmétrique en acier ainsi que par sa double sortie d'échappement intégrée dans le dosseret, et son moteur encore plus puissant (28 ch). Durant les deux années de production, on la trouve en rouge ou en bleu, et aussi, fin 89, dans une éphémère version Record (noire à selle rouge) : c'est que Gilera a emmené la petite sur l'ovale de vitesse de Nardo, dans le sud de l'Italie, et lui a fait battre quatre records mondiaux ! Ainsi, la MX-1 a signé les 6 heures à 162,468 km/h de moyenne, 1000 km à 162,466, 12 heures à 160,265 et 24 heures à 155,413 km/h. Pas mal pour une 125 ! 

En 1990, Gilera lance tout à la fois la MXR (le carénage a un double optique ronde) puis quelques mois après la SP-01, entièrement nouvelle. 

Gilera MX-1 : trois choses qui m'ont fait kiffer

On ne va pas se mentir : une 125 2-temps de la grande époque, ça donne nettement plus la banane qu'un poumon aseptisé d'aujourd'hui. Et voici pourquoi ! 

  • Déjà, ce n'était pas une moto au rabais, cette MX-1 : le gabarit n'est pas si riquiqui que cela et le niveau d'équipement est juste impressionnant. Le tableau de bord est hyper complet (on dirait même celui qui était sur les 750 VFR à l'époque), tension de chaine par excentrique, faux réservoir permettant de loger un casque (à mettre en relation avec une nouvelle legislation en Italie qui imposait alors le port du casque pour les 125, liseré sur la selle passager qui complète celui des flancs latéraux, nous voici sur une vraie machine qui n'a pas à rougir de sa "faible" cylindrée ! 
  • Le moteur est plutôt moins pointu que prévu. Evidemment, il faut quand même mettre un peu de gaz au démarrage, mais il est assez rond dès 5500 / 6000 tr/mn, et dévoile ensuite une vicacité que l'on a oublié sur une 125. Car l'engin couvre le 400 mètres DA en 16 secondes avec une vitesse terminale de 135 km/h. Et, aussi, il faudra se faire à la boîte "racing" : d'origine, une MX-1 présente la première en haut et les autres en bas, pour que les minots se fassent un film "GP" dès 17 ans ! 
  • Ce que l'on a aussi oublié, c'est que la légèreté est une vertu : avec 118 kilos, deux freins à disque et un vrai chassis, elle va en remontrer à d'autres merguez surmotorisées dès que cela tourne... Vite, des virages ! 

Une Gilera MX-1 aujourd'hui : combien, comment ?

Déjà, bonne chance pour en trouver une complète et en bon état. Dans ces conditions, il ne faudra pas hésiter à mettre 2000 € sur la table, sachant que pour trouver des pièces, ce ne sera pas facile et il faudra tout à la fois maîtriser internet et l'Italien ! 

Quelques chiffres clé : 

  • monocylindre,  2-temps, 124 cm3, 56 x 50,5 mm
  • 1 carburateur Dell'Orto, 28 mm
  • 28 ch à 10000 tr/mn 
  • 18 Nm à 10000 tr/mn
  • 118 kilos à sec
  • 155 km/h chrono 

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